La Démocratie s’édifie par l’instauration d’un pacte de confiance entre élus et électeurs. A Schiltigheim, il est fragilisé.
A l’échec du site Adelshoffen, s’ajoute aujourd’hui, le Tram sur pneu. Dans ce dossier sulfureux, où l’intérêt privé semble primer sur l’intérêt général, les schilikois y font figure de sacrifiés.
Ce système n’est pas sûr :
les accidents se multiplient. Après d’innombrables déraillements et
incendies de rames à Padoue et Clermont-Ferrand, le Préfet d’Auvergne a
commandé un audit de sécurité et arrêté des rames.
Il est cher :
son installation coûtera plus de 200 millions d’euros. Sa maintenance
est environ 60% plus cher qu’un tram classique et son prix de revient
par passager d’environ 70% plus élevé. Le financement de ce projet se
fera au détriment d’autres lignes.
Il n’est pas cohérent : pneu
et fer sont incompatibles. Leurs rails ne peuvent pas se croiser, leurs
rames ne sont pas interchangeables. La maintenance et la gestion de
deux parcs coûtera plus cher.
Il n’est pas adapté à la route de
Brumath et ne répond pas aux besoins de notre ville. Elle sera sacrifiée
avec la bénédiction du maire, vice-président de la CUS et
administrateur de la CTS.
Pour se faire élire, le candidat
avait promis de requalifier cet axe et de développer les déplacements
est-ouest. Avec le coût faramineux du tram sur pneu, nord-sud, ses
promesses sont reportées à 20 ans. « Pas grave, explique-t-il en séance, j’avais pour cette route, un projet bas de gamme » .
Les
études démontrent que l’insertion de ce tram sur pneu fera disparaitre
le stationnement sur voie et les pistes cyclables existantes. La
circulation automobile y sera limitée sans possibilité de report vers
des axes de transit, tous saturés.
Les commerces et
services présents sur cet axe seront d’autant plus fragilisés, que cette
ligne desservira les zones commerciales concurrentes de Vendenheim et
des Halles. La perte de notre route historique saucissonnera notre ville
et isolera l’ouest schilikois.
Le projet manque de logique : la
circulation ne consiste pas à tracer une voie, mais à l’intégrer dans un
réseau. Le Tram sur Pneu sera isolé et figé car incompatible avec
l’existant.
Le souhait des communes de deuxième couronne à bénéficier d’une meilleure desserte est légitime, mais l’implantation retenue manque de logique.
Il
y a d’autres pistes. Le futur BHNS reliera la Gare à l’Espace Européen
de l’Entreprise (E3) à proximité du débouché de la VLIO et de sa
composante transport en commun. Il y est prévu un parking relais. En y
reliant la ligne de desserte Nord, on fera d’E3 une plateforme de
connexion reliant la Gare, le Sud et le Nord de la CUS.
Avec
la requalification de la route de Brumath libéré, il sera possible de
fluidifier le trafic, de préserver et compléter les itinéraires
cyclables, d’améliorer l’efficacité de la ligne 6 et de redynamiser le
commerce existant.
Mais, au-delà des non dits, nous dénonçons la supercherie que constitue l’enquête publique. Outre que son lancement fut illégal car non approuvé par un vote spécifique de la CUS (ce qui sera corrigé lors du prochain conseil), il est choquant de constater que l’appel d’offre pour l’achat du matériel a été lancé par la CTS, le 28 octobre, donc bien avant que les citoyens n’aient pu s’exprimer.
APPEL D’OFFRE DU 28 OCTOBRE 2011
Ce document, pudiquement intitulé « Offre spontanée de la CTS à la CUS » fut émis par Roland RIES, président du CA de la CTS à l’attention de Roland RIES, premier vice président de la CUS, en charge du transport, qui a dû en être étonné. Toute ressemblance avec Roland RIES,
président du GART et consultant ayant activement participé à
l’implantation de ce matériel à Clermont Ferrand, Paris et Bamako,
pourrait ne pas être fortuite.

Appel d’offre, enfin, dont tous
connaissent déjà le résultat, puisque taillé sur mesure pour un
matériel qui n’est plus construit que par un fabriquant…comme par hasard
le même.

