La GARE RAGE : PLAN DE CIRCULATION ET DEMOCRATIE
Nous vivons dans un pays de droit ou la DEMOCRATIE limite le POUVOIR et non l’inverse.
Gare à celui,
qui abusant du pouvoir des urnes, voudrait imposer ses dogmes contre
vents et marées. Il ratera le pompon et ne fera qu’un tour de manège
municipal.
Gagner une élection donne une légitimité de représentation, elle ne confère pas un pouvoir illimité, ni dans le temps ni dans son champ d’action. Un élu n’est pas un monarque mais le porteur d’aspirations légitimes.
La vraie liberté consistant à proposer des choix, non à imposer les siens.
Qu’un élu circule à vélo : c’est son choix. Qu’il veuille l’imposer à tous : c’est son erreur.
L’ère de la ville « tout auto » est révolue : les villes suffoquent de leur trop plein de voitures. Pour autant, la ville « sans auto c’est zéro » .
Ce qui prévaut à Riquewihr ou à Berne, ne peut se généraliser.
Une autre politique de déplacement doit être imaginée. Elle doit être acceptée de tous, s’adapter aux besoins spécifiques des usagers et associer RESPONSABILITE et LIBERTE.
L’avenir ne se construit pas à coup d’interdits ou de frustrations mais nécessite un consensus et une acceptation. A défaut, nous serons plus bernés que bernois.
Qu’un élu s’intéresse aux quartiers de sa ville, c’est sa mission et tout à son honneur.
Que, malgré la spécificité de chaque quartier, sa réponse soit unique, voilà qui en dit long sur son dogmatisme. Zones 30 et sens uniques (sauf cycliste, bien entendu), réduction du nombre de places de stationnement et horodateurs, « zones de rencontre » limitées à 20, tels sont les remèdes imposés partout et à chacun…. mais rarement acceptés.
Pourtant, le référendum strasbourgeois fut sans appel. 55% des votants ont dit NON à la généralisation des zones 30. Les schilikois n’ont pas été consulté. Le résultat eut été comparable. Pour ne pas risquer la réponse, on n’a pas posé la question. Bravo la Démocratie.
Profitant de l’été, le « grand quartier de la Gare » (incluant les rues du Donon et de Vendenheim)
a vu éclore la dernière cargaison de panneaux et interdits. Au grand
dam de ses habitants qui protestent. Une pétition circule. Passer de la GARE à la RAGE n’est qu’une question d’ordre, de temps ou d’excès.
Rencontré, l’air désabusé sous le chapiteau de la Fête de la Bière, Monsieur K., résidant de longue date rue de Saverne : « Il
y a 15 ans on m’a imposé un sens. Aujourd’hui on m’en impose un autre.
On ne me demande jamais mon avis. Tout ça n’a pas de sens ! » .
Sous le même chapiteau, une bière plus tard. Madame F : « J’habite
rue du Donon depuis 50 ans. Depuis la nouvelle municipalité, j’arrache
les mauvaises herbes, je déneige en hiver et bien que n’ayant pas de
chien, j’en ramasse les crottes. Sous prétexte que je n’approuve pas le
plan de circulation parce que non consultée, je me suis fais traitée de
menteuse. L’élu contacté affirme que nous ne sommes pas d’accord parce
que nous sommes manipulés. Suis-je donc si bête, à ses yeux ? Il a même
ajouté que LUI était démocratiquement élu. J’en ai conclu que moi
j’étais une étrangère dans ma rue et que mon avis n’avait aucune
importance » .
- «
Rassurez-vous, Madame, aujourd’hui vous n’êtes que citoyenne. Mais
demain vous serez électrice. Vous verrez qu’alors, il sonnera à votre
porte, vous sourira et vous promettra de tout régler pour peu que vous
votiez pour ses couleurs. »
C’est le côté
obscur de la démocratie dite représentative. De promesses en déceptions
et d’élection en élection, le taux d’abstention progresse.
Comment
s’étonner de la désillusion d’une part croissante de nos concitoyens,
qui s’ils ne s’abstiennent pas, préfèrent voter blanc ou protester par
un vote extrême.
Le résultat des élections cantonales illustre le
délabrement de l’esprit démocratique dans notre ville depuis 3 ans.
Constater la percée du vote extrémiste dans sa ville est significatif et
grave. Un maire démocrate ne s’en vante pas… même si il lui doit son
élection.

